le Prince noir

le Prince noir
Edward Plantagenet, dit Édouard de Woodstock Brackembury et appelé après sa mort le Prince noir (1330, Woodstock – 1376, Westminster), prince de Galles, comte de Chester, duc de Cornouailles et prince d'Aquitaine, était le fils aîné d'Édouard III d'Angleterre et de Philippa de Hainaut.

Son surnom serait dû à la couleur de son armure, mais il n'était pas utilisé par ses contemporains. Il n'apparaît qu'en 1568 dans Chronicle of England de Richard Grafton. De son vivant, on l'appelait tout simplement « le prince », le prince de Galles, entre 1362 et 1372 le prince d'Aquitaine. On le dénommait également selon son lieu de naissance : Édouard de Woodstock.

Né à Woodstock (près d'Oxford) le 15 juin 1330, fils aîné d'Édouard III et de Philippa de Hainaut. Dans son enfance, Edouard de Woodstock aime les jeux de balle et d'argent, la chasse au faucon et les récitats de menestrels, distractions communes de l'aristocratie de l'époque. Ses précepteurs furent Walter Burley et le chevalier de Hainaut Walter Mauny. A huit ans alors que son père part pour la Flandre afin de contracter des alliances contre la France, il est nommé "gardien du royaume". Il a été choyé par Édouard III qui n'a négligé ni son éducation ni son instruction de prince. Son père le fait chevalier le 12 juillet 1345. Déja habitué aux tournois, il débarque le 11 juillet 1346 dans la Hague, ravage la Normandie aux cotés de son père, et connut sa première grande bataille à Crécy en 1346 où il assume le commandement de l'aile droite de l'armée anglaise à l'aide du comte de Warwick. Une chronique de l'époque veut que le jeune prince ait failli perdre la vie ce jour là : désarçonné par un chevalier français, c'est son porte étendard qui aurait eu la présence d'esprit de le dissimuler sous la bannière au dragon rouge du prince de Galles et qui aurait repoussé nombre d'assaillants. La nuit tombée, il aurait commandé l'exécution de tous les soldats francais blessés et incapables de payer rançon et, au matin, un massacre plus grand encore quand les milices urbaines françaises vinrent en renfort mais trop tard. L'esprit de la chevalerie n'a pas été respecté par le prince qui en eut grand honte devant son père : c'est après cette bataille qu'il aurait pris l'habitude de porter une armure noire. À la suite d'une révolte sévèrement matée dans son comté de Chester, il fut nommé lieutenant de Gascogne. Mandaté par son père, il arriva à Bordeaux le 20 septembre 1355 en pleine guerre de Cent Ans pour protéger les possessions anglo-gasconnes contre les Français. Deux semaines plus tard, il mena une campagne à travers le Sud-Ouest, maraudant à travers les comtés de Juillac, d'Armagnac et d'Astarac, commettant de grands massacres aux environs de Toulouse, martyrisant femmes et enfants à Montgiscard, mettant à sac Carcassonne et Narbonne. Il ne semblait pas souhaiter soumettre à la couronne anglaise les terres conquises mais cherchait plutôt à les piller et à en retirer des richesses. Il détruisit Castelnaudary le 31 octobre 1355. Le jour de Noël, il avait regagné Bordeaux d'où il écrivit à son père pour l'informer de son succès.

Au printemps de 1356, sa réputation de stratège et la crainte qu'il inspire lui permettent de lever sans mal une armée disparate composée surtout d'Anglais, de Gallois, et de Gascons. Cette campagne de 1356 le conduira cette fois à travers le Poitou en passant par Bourges qu'il ne parvient pas à enlever, prenant Vierzon dont il fait passer la garnison au fil de l'épée. Ralentie par son considérable butin et fatiguée par les combats, sa troupe se replie vers Bordeaux et, à Maupertuis, près de Poitiers, il infligera une sévère défaite aux Français qui le poursuivaient. C'est lors de cette bataille de Poitiers, le 19 septembre 1356, qu'il capture le roi Jean II, ce qui permet des tractations avantageuses pour l'Anglais.

En 1360, le traité de Brétigny-Calais accorde au roi Édouard III d'Angleterre des terres en plus de son duché d'Aquitaine « traditionnel » qui s'étendait en gros entre Bordeaux et Bayonne. Ce sont le Quercy, le Périgord, le Limousin, le Rouergue, la Bigorre, le comté d'Armagnac, l'Agenais, la Saintonge, l'Angoumois et le Poitou. Ces terres - cédées par la France en toute souveraineté - constituèrent une principauté autonome (1362) qu'il gouverna sur place jusqu'au début de 1371. Édouard fut nommé prince d'Aquitaine par son père le 19 juillet 1362, et il le resta jusqu'à son abdication le 5 octobre 1372.

Edouard de Woodstock se marie en 1362 avec sa cousine Jeanne comtesse de Kent. Ils entretiennent à Bordeaux une cour où règnent luxe et extravagance ; fêtes et tournois sont fréquents. Les taxes qu'il impose sur son territoire pour les financer sont énormes, la noblesse et le peuple montrent leur mécontentement.

Signataire du traité de Libourne, le Prince Noir aida également le roi de Castille détrôné Pierre le Cruel en Espagne et il battra encore les Français menés par Bertrand du Guesclin à Nájera en 1367. Cette expédition fut encore un succès militaire, mais le refus de Pierre le Cruel de payer les frais de l'expédition mit le prince dans de terribles difficultés financières. À son retour en Aquitaine, il convoqua les trois États de sa principauté à Angoulême. Ceux-ci acceptèrent la levée d'un fouage (une taxe levée sur chaque foyer) pour restaurer les finances du prince (janvier 1368). Mais le comte d'Armagnac Johan Ier (en français Jean Ier) refusa ce fouage. Il chercha le soutien du roi de France Charles V qui accepta son appel contre le prince le 30 juin 1368, ce qui eut pour effet d'annuler le traité de paix de Brétigny-Calais. Le comte d'Armagnac entraîna à ses côtés son parent, le seigneur d'Albret Arnaut-Amanèu, et il appuya les offensives militaires de Louis, duc d'Anjou, frère du roi Charles V, lieutenant du roi (c'est-à-dire vice-roi) en Languedoc.

Les terres de la principauté d'Aquitaine cédées au traité de Brétigny-Calais furent reconquises par les Français dirigés par le duc d'Anjou entre 1369 et 1372, suite à l'appel du comte d'Armagnac. Cependant la vision traditionnelle d'un soulèvement unanime des populations en faveur des « Français » est fautive : des villes comme Millau ou Montauban restèrent fidèles longtemps en 1369, quant au Poitou, à la Saintonge et à l'Angoumois, ils ne se soumirent qu'en 1372 et ont soutenu fortement le prince.

L'historiographie traditionnelle blâme souvent le prince pour le sac de Limoges (24 août 1370). Selon Froissart, 3000 personnes furent tuées ce jour-là. On oublie vite qu'une source locale ne mentionne que 300 morts, ce qui peut correspondre aux « Français » de la garnison installée dans cette ville, ainsi qu'à certains partisans limougeauds des Français. Après tout les Français agirent de même lors de la prise de Brive (22 juillet 1374). Et on oublie aussi que la ville de Limoges était divisée en deux entités distinctes : la « Cité » et le « Château ». Le Prince Noir n'attaqua que la « Cité » dominée par l'évêque qui l'avait trahi (Johan du Cros) et pas le « Château » qui lui resta fidèle jusqu'en 1372.

Il semble avoir attrapé la dysenterie pendant son expédition espagnole et cette maladie l'empêcha de s'opposer efficacement aux offensives menées par les Français et leurs partisans. Il partit en janvier 1371 pour l'Angleterre, laissant en charge de l'Aquitaine son frère Jean de Gand, duc de Lancastre. Il amena avec lui son tout jeune fils Richard, né en 1367 au palais archiépiscopal de Bordeaux situé plus ou moins à l'emplacement de l'actuel hôtel de ville et accolé à la cathédrale. Ce fils deviendra, à la mort d'Édouard III, le roi d'Angleterre Richard II dit « de Bordeaux » (selon son lieu de naissance), parfois dit « le Gascon » (Bordeaux était alors considérée comme la capitale des Gascons occidentaux). Ce dernier régna de 1377 à 1399, date où il fut détrôné par son cousin Henri de Lancastre, qui devint le roi d'Angleterre Henri IV (1399-1413).

Parmi ses compagnons de lutte et ses hauts officiers on peut citer John Chandos († 2 janvier 1370 à Morthemer, Poitou), lieutenant d'Édouard III chargé de prendre possession des terres cédées au traité de Brétigny-Calais (1361-1362), puis connétable d'Aquitaine (1363-1370) ; Thomas Felton, sénéchal de la principauté d'Aquitaine (1363-1377) ; le gascon Johan de Greilly, captal de Buch († 7 septembre 1376, prisonnier du roi de France à Paris), connétable d'Aquitaine de 1370 à sa capture par les français en 1372 ; le poitevin Guichard d'Angle († 1380, Londres), l'un des deux maréchaux d'Aquitaine (1363-1372), tuteur du futur roi Richard II, nommé comte de Huntingdon (1377-1380) ou encore les grands seigneurs poitevins Guillaume VII Larchevêque, seigneur de Parthenay et Louis d'Harcourt, vicomte de Châtellerault, forcés de se soumettre en décembre 1372 au roi de France après le siège de Thouars.

Le prince mourut de maladie en 1376, un an avant son père Édouard III.
Il est enterré dans la cathédrale de Cantorbéry en Angleterre où l'on peut encore admirer son magnifique et célèbre gisant
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# Posté le mercredi 25 juin 2008 15:31

Modifié le mercredi 25 juin 2008 15:47

une guerre,un hero

une guerre,un hero
Vassili Grigorievitch Zaïtsev (en russe : Василий Григорьевич Зайцев) (23 mars 1915 – 15 décembre 1991) était un tireur d'élite soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale qui tua 225 soldats et officiers de la Wehrmacht et de ses alliés entre le 10 novembre et le 17 décembre 1942 pendant la bataille de Stalingrad.

Zaïtsev est né et a grandi à Yeleniskoï, dans les montagnes de l'Oural et a appris l'habileté au tir en chassant le cerf.

Avant le 10 novembre, il avait déjà tué 32 soldats de l'axe avec son fusil Mosin-Nagant ordinaire. On estime à 28 le nombre de franc-tireurs qu'il a entraîné. Ceux-ci tuèrent plus de 3 000 soldats ennemis. Certaines sources indiquent que la performance de Zaïtsev n'était pas unique et qu'un autre soldat soviétique, seulement identifié sous le nom de Zikan, tua lui 224 soldats allemands avant le 20 novembre.

Zaïtsev a servi jusqu'en janvier 1943, lorsqu'une blessure aux yeux l'empêcha de se battre. Cependant, le Professeur Filatov restaura sa vue.

Après son retour au front, Zaïtsev a fini la guerre sur le fleuve de Dniestr avec le grade de capitaine. Après la guerre, il s'est occupé d'une usine à Kiev.

Selon le livre Stalinghrad (« Enemy at the gates ») d'Antony Beevor, quelques sources soviétiques déclarèrent que les Allemands firent venir le chef de leur école de tireur d'élite, le Major Heinz Thorvald, pour le stopper. Zaïtsev, après une chasse de plusieurs jours, repéra son adversaire se cachant sous un morceau de tôle ondulé et tira. Ce duel supposé est dépeint dans le film Stalingrad réalisé par Jean-Jacques Annaud en 2001.

Le viseur télescopique du fusil de Thorvald, prétendument le trophée le plus prisé de Zaïtsev, est toujours exhibé dans le Musée des forces armées de Moscou. Cependant, l'histoire entière demeure essentiellement non confirmée. Il n'y a absolument aucune mention d'elle dans aucun rapport militaire soviétique.

Il est mort à l'âge de 76 ans à Kiev.
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# Posté le dimanche 22 juin 2008 16:07

Modifié le jeudi 26 juin 2008 15:45

Syndrome de Peter Pan

Syndrome de Peter Pan
Le syndrome de Peter Pan (parfois nommé complexe de Peter Pan) caractérise les enfants angoissés par l'idée de grandir et les adultes restant attachés au monde des enfants.

Origine:
Le concept fut développé par Dan Kiley (psychanalyste) en 1983. Son nom a été inspiré par Peter Pan le héros de James Matthew Barrie.

Le syndrome apparaît le plus souvent au début de l'âge adulte, lorsque l'individu commence à avoir des responsabilités.

Le plus souvent il s'agit de célibataires. Kiley fait remarquer qu'on l'observe particulièrement chez d'anciens enfants dont le père était souvent critiqué à la maison par la mère et réagissait par la passivité au lieu de fournir son point de vue. Il s'agirait donc d'un mimétisme de la fuite.

Les stades :
Il semble qu'il y ait plusieurs stades :

De 10 à 15 ans : les symptômes apparaissent, avec une certaine irresponsabilité de l'individu, une angoisse face au monde extérieur, une certaine solitude et un conflit face au sexe.
De 16 à 22 ans : un certain narcissisme et un machisme (ou sur-féminisme) apparaissent.
De 23 à 25 ans : l'individu peut se plaindre d'une insatisfaction face à la vie et au monde extérieur.
De 26 à 30 ans : début de la phase chronique du syndrome.
À partir de 45 ans : l'adulte tente de retrouver son enfance face à un style de vie qu'il n'a pas choisi.

Le renouement avec l'enfant intérieur :
À l'âge de la maturité – qui n'attend pas forcément un âge social déterminé même si la statique sociologique nous apprend que c'est vers la quarantaine – dans ce que l'on nomme parfois « la seconde partie de vie », l'adulte (en devenir) peut éprouver le besoin de retrouver un lien avec lui-même, avec son enfant intérieur, et s'inscrire dans la vie d'une maniére différente.

Travailler au lien avec son enfant intérieur est alors utilisé aussi dans une démarche psychothérapeutique de certains courants de la Psychothérapie d'Inspiration Psychanalytique (P.I.P. désignant une famille de soins psychiques), comme chez John Bradshaw ou Hal et Sidra Stone dans son ouvrage Le Dialogue intérieur.

Pour les personnes souffrant de difficultés d'attachement (angoisse à s'attacher, attachement incontrôlable, relations faisant souffrir), l'attachement primitif mère-enfant serait le prototype des affinités, et plus généralement, des relations privilégiées de l'adulte par la suite.

Il s'agit alors de réparer « le lien » et d'apaiser le patient dans son rapport au monde. Il pourra alors, se connaissant, composer avec sa douleur et entrer en relation.

Une fois le lien « douloureux » retravaillé, le patient ou la patiente peut alors quitter les relations pathogènes pour lui-même telles que : la boisson, la sexualité compulsive, le (la) conjoint(e) maltraitant(e), la sur-activité professionnelle ou ménagère, la sur-intellectualisation ou la guerre idéologique pour la guerre idéologique.

Pour les personnes souffrant du syndrome de Peter Pan, il s'agit alors d'ouvrir le patient à la réalité du monde pour qu'il s'y inscrive. Il pourra alors tenir sa place.

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# Posté le vendredi 18 avril 2008 16:13

Capitaine Crochet

Capitaine Crochet
Le Capitaine James Crochet (« Hook ») est certainement l'un des personnages à la psychologie la plus développée de l'oeuvre de Barrie.

Physiquement tout d'abord, ce chef pirate est la parfaite incarnation du Mal : il porte un fume-cigarette bifide (évoquant facilement une langue de serpent), un épais chapeau à plume et son célèbre crochet, symbole parfait de sa personnalité froide, dure et tranchante, et peut-être même déjà une image de la mort. Il s'habille en outre à la mode Charles II, anachronisme qui accroît encore sa prestance superbe et terrible. Il est en outre précédé par sa réputation, forgée à coups de crochet sur les carcasses des plus grands pirates à avoir écumé les sept mers. Sa cruauté, même à l'égard de ses alliés, est également légendaire, et il n'hésite pas à exécuter lui-même ses hommes à la moindre « faute de bon ton ».

Le capitaine est ainsi un homme de goût, presque un dandy : outre ses habits extravagants mais stylés et choisis avec soin, il cultive une véritable religion du « bon ton » (ou « bonne et due forme » selon les traductions), tranchant net avec les extravagances des enfants perdus : il représente ainsi l'adulte par excellence, qui veut tout dominer, tout rationaliser et laisser le moins de place possible à l'imagination et à tout ce qui a trait à l'enfance ou à la nature.

D'un point de vue symbolique, Crochet est en effet l'adulte type, en opposition complète à Peter. Ayant accepté de vieillir (ce qui est pour Peter une perversion), il est mortel, se sait mortel et en est terrifié : la seule chose qui lui fasse peur est la vue de son propre sang, "d'une couleur insolite". Ainsi, il est sans cesse poursuivi par le crocodile géant au tic-tac inquiétant et obsédant, symbole même de la mort et du temps qui dévore tout : Crochet ayant atteint l'âge mûr, il a déjà été grignoté par le temps, fait figuré par son bras droit mangé par le crocodile. Son espérance de vie est chronométrée : il sait que le jour où le réveil providentiel s'arrêtera, il n'entendra plus le crocodile s'approcher et ne pourra donc plus lui échapper. La phobie des horloges du Hook de Spielberg est ici très fidèle à l'esprit de Barrie. D'ailleurs, c'est bien le jour de l'arrêt du réveil que le Capitaine va trouver la mort, mais dans des circonstances inattendues : Peter va en effet prendre le relais du crocodile, se mettant à imiter son tic-tac apparemment sans s'en rendre compte, et ce sera lui qui incarnera le temps qui tue le vieil homme, en tant que jeunesse ½dipienne qui tue le père pour se forger sa place dans le monde, poussant le capitaine dans la gueule béante de la Mort.

Il est intéressant de noter que le Capitaine Crochet, comme la plupart des personnages principaux de l'oeuvre, tire son nom d'un proche réel de l'auteur : en l'occurrence il partage son prénom avec l'auteur lui-même, James Matthew Barrie, information ouvrant de belles pistes d'analyse.

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# Posté le vendredi 18 avril 2008 16:04

Peter Pan

Peter Pan
Peter Pan est un personnage fictif créé par l'auteur écossais James Matthew Barrie, apparu pour la première fois dans le roman The Little White Bird (Le Petit Oiseau Blanc), puis dans la pièce homonyme et enfin dans le roman Peter and Wendy, plus connu sous le titre Peter Pan. Le personnage et l'½uvre ont ensuite été adaptés à de nombreuses reprises au théâtre, au cinéma, ou encore en bande dessinée.

James Barrie a créé Peter Pan en racontant des histoires aux fils de son amie Sylvia Llewelyn Davies, avec laquelle il avait une relation spéciale. Sylvia était la fille de George du Maurier, dessinateur satirique et compagnon de route de Henry James. « Peter » était le prénom de leur troisième fils, et le nom « Pan » rappelait le dieu grec de la Nature.

Pour certains commentateurs, le personnage a pu être inventé par Barrie dans le souvenir du deuil de son frère aîné David, mort à 13 ans. Sa mère ne s'en remit jamais vraiment. Pour Andrew Birkin, auteur de J.M. Barrie and the Lost Boys, « Si Margaret Ogilvy trouvait du réconfort dans l'idée que David en mourant enfant, resterait un enfant à jamais, Barrie y trouva son inspiration. »

Peter Pan fait sa première apparition imprimée en 1902 dans le livre The Little White Bird (littéralement, le petit oiseau blanc [1], dont la traduction française vient de sortir, pour la première fois, plus de cent ans après sa création), qui servit pour créer la pièce de théâtre Peter Pan or The Boy Who Wouldn't Grow Up (Peter Pan ou le garçon qui ne voulait pas grandir). La première eut lieu à Londres le 27 décembre 1904. En 1906, la partie de The Little White Bird concernant Peter Pan est publiée seule : Peter Pan in Kensington Gardens, illustrée par Arthur Rackham. Enfin, Barrie adapta la pièce en un roman publié en 1911 et titré Peter and Wendy, connue actuellement sous le titre Peter Pan.

Pendant le milieu du XXe siècle, le prénom "Wendy" devint populaire en Angleterre grâce au personnage du roman.

Une statue de George Frampton a été érigée dans Kensington Gardens à Londres. Peter Pan y est représenté en train de jouer de la flûte.

Ce vendredi soir, la voie est libre pour Peter Pan, le petit garçon qui refuse de grandir : Mr et Mrs Darling sont absents et la chienne Nana, qui tient lieu de nurse à leurs enfants Wendy, John et Michael, a été enchaînée dans le jardin.

Venu récupérer son ombre abandonnée lors d'une précédente visite, Peter se trouve face à Wendy. Avide des histoires qu'elle pourra lui raconter et du rôle de mère, fantasmé, qu'elle pourrait accomplir, il la persuade de le suivre jusqu'au Pays imaginaire (Neverland ou en néerlandais Fantasieland)

Wendy devra s'y défendre de la jalousie de la fée Clochette (Tinker Bell) et veiller sur la petite famille des garçons perdus, jadis tombés de leur landau, dont elle devient la mère. Emmenés par Peter Pan, Wendy et ses frères vivront d'extraordinaires aventures auxquelles seront mêlées les Peaux Rouges et Lily Tigresse (Tiger Lily), mais surtout les Pirates et leur chef, le fameux Capitaine Crochet (joué, dans la pièce de théâtre, par le même acteur que Mr.Darling), qui n'a jamais pardonné à Peter de lui avoir coupé la main avant de la jeter en pâture au Crocodile qui le poursuit depuis sans trêve...

Thèmes

Le thème principal et le plus évident est le fait de grandir... ou non.
Peter veut rester un enfant pour toujours, et éviter les responsabilités de l'âge adulte, il s'enferme en quelque sorte dans le monde de l'enfance.

Certains commentateurs y voient aussi le thème de l'éveil de la sexualité chez Wendy, et les sentiments freudiens de Peter envers une figure maternelle, et ses sentiments conflictuels pour Wendy et la fée Clochette (Tinkerbell). Elles représentent chacune une femme idéalisée différente. On peut en fait déterminer au moins quatre archétypes inaccessibles à partir des personnages féminins : Wendy, Clochette, les Sirènes, et Lily.

Le personnage de Peter Pan

Le personnage de Peter Pan est plus ambigu qu'il n'y paraît au premier abord. C'est pourquoi, malgré les apparences, Peter Pan n'est pas uniquement un conte pour enfants, mais bien un récit précurseur du syndrome de Peter Pan.
Évidemment, c'est un enfant qui refuse de grandir, mais ce n'est pas seulement l'enfant joyeux qu'il paraît.

Peter est très lié au Pays imaginaire, il est le Pays imaginaire et tous ses personnages, les bons comme les méchants. S'il quitte le Pays imaginaire, le monde s'endort, la nature se fane et les Enfants perdus ne se battent plus avec les pirates.
Tout change constamment à Neverland, les Enfants perdus ne sont jamais les mêmes (quand ils sont trop grands, ils partent ou sont directement exécutés par Peter car "grandir est contraire au règlement"), les méchants changent (une fois que Crochet est tué, d'autres apparaîtront), les fées ont aussi une vie très courte, et les aventures s'enchaînent. Seul Peter Pan est immuable dans ce monde, il est l'éternel maître du jeu, il est le jeu lui-même.

Peter Pan est défini à plusieurs reprises, à l'instar de tous les enfants comme "joyeux, innocent et sans c½ur" : totalement égocentré, il n'accorde que peu d'importance aux autres personnages, qu'il ne considère que comme ses faire-valoirs. À la fin de l'histoire, il finit par oublier ses anciens amis (et ennemis), et les anciennes aventures qu'il a vécues sont perpétuellement remplacées par de nouvelles. Tout, à part lui, est interchangeable, il va chercher les enfants génération après génération et oublie à chaque fois les précédents.

Le roman montre que Peter Pan n'est pas quelqu'un d'humain ou un héros : dans l'histoire il est incapable d'amour, de compassion ou de quelque sentiment profond que ce soit. Il reste éternellement bloqué dans le factice, ne faisant aucune différence entre le jeu et la réalité.

De plus, l'½uvre ne nous montre pas uniquement un gentil garçon rêveur en mal d'aventure. Au contraire, c'est un garçon qui s'obstine pleinement à ne pas vieillir ni se souvenir (il ne viendra plus chaque printemps rendre visite à Wendy, car pour lui, ce temps « infini » que lui procure le Pays imaginaire lui fait perdre de manière irrémédiable la notion de Temps. Wendy le sait très bien : "Et Wendy devait en être consciente, sinon pourquoi lui aurait-elle adressé un au revoir si plaintif ?"). Peter est aussi cruel (sans s'en rendre compte). D'un certain côté, on peut dire que le personnage le plus représentatif de Peter dans ce Pays imaginaire est le capitaine Crochet ("Hook" en anglais). Le capitaine Crochet est, en beaucoup de points, semblable à Peter :

Ils se craignent mutuellement, mais ne peuvent pas vivre l'un sans l'autre (écroulement de l'équilibre du Bien et du Mal). Il faut toujours que quelqu'un craigne un autre personnage ; Crochet craint le Crocodile, les pirates craignent les Indiens, les Indiens craignent les animaux sauvages, les animaux sauvages craignent les enfants, les Garçons Perdus craignent les pirates. Tout tourne en rond dans ce Pays Imaginaire, et chaque clan court à travers l'île de manière ininterrompue sans jamais se rencontrer. Et quand bien même Peter tuerait Crochet, Peter prendrait aussitôt le rôle de Crochet pour ne pas rompre l'équilibre de l'île, en attendant qu'un nouvel ennemi survienne. C'est d'ailleurs ce qui se passe.
Ils sont tous les deux seuls et sans amour. Crochet le sait très bien et réussit difficilement à vivre avec, mais Peter ne sait tout simplement pas ce qu'est l'amour (qui est tout proche de lui, grâce à Wendy qui, elle, se refuse à rester une enfant et entame ses premiers sentiments amoureux envers Peter). Pourtant, si on se réfère au type d'histoire qu'adore écouter en cachette Peter Pan, le soir sur le balcon de Wendy, ce ne sont que des histoires d'amour se terminant par un baiser et où le Bien triomphe du Mal.
Mais ce qui sépare le Capitaine Crochet et Peter Pan est le vécu, le côté adulte. L'adulte est un pirate pour Peter. D'ailleurs, on peut voir sa réaction lorsque, pour la première fois, Peter est confronté à la cruauté et à la perfidie de l'homme : il est resté bouche bée pendant quelques instants, incapable de comprendre pourquoi Crochet a fait un tel coup bas. C'est à cause de tous ces défauts adultes, apportés par le temps impitoyable, que Peter Pan refuse de grandir : ce serait pour lui une dégénérescence.

Mais qu'est réellement Peter Pan ? Un pirate. Dans son livre, lorsque Peter Pan triomphe de Crochet, Barrie tient absolument à ce que l'on remarque que Peter Pan remplace aussitôt son ennemi, prenant ses vêtements et l'imitant jusqu'au crochet : Par la suite, la rumeur courut que la première nuit où il porta ce costume, il resta longtemps assis dans la cabine, le porte-cigare de Crochet aux lèvres, et tous les doigts d'une main repliés, à l'exception de l'index qu'il tenait recourbé en l'air de façon menaçante, comme un crochet.

On est bien loin de l'univers Disney, et derrière les apparences d'un petit conte pour enfants, se cache un texte d'une profondeur vertigineuse où chaque phrase importe, et où une analyse approfondie est nécessaire pour tout comprendre. Le dernier chapitre, considéré par certains comme une fin secondaire, est probablement le passage le plus important et le plus démonstratif de ce que veut nous faire parvenir l'auteur. Le Temps passe, irrémédiablement, pour tout être vivant, et personne ne peut rien changer à cela. On le voit avec le personnage de Wendy, au dernier chapitre : Peter en a peur, car elle a grandi. Il se rabat donc sur l'enfant de Wendy, Jane...

Peter Pan et le Pays imaginaire ne sont rien de plus que le fantasme de tout enfant (une fontaine de jouvence où Peter Pan est le maître). Un monde parfait mélangé à l'esprit de communauté garçonnier, de conquête, d'histoires sans fin : un lieu où le temps n'a plus d'importance et où le matin se lève à chaque instant...

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# Posté le vendredi 18 avril 2008 15:59